- CROSSROAD OF THE AMÉRICAS -
standing at the crossroad of the Américas
spilled blood stolen skulls
Tierra violada strewn with wrecks and rubble
toxic waste shiny car park cemetery
brownstone brown skins red blood has turned to rust
crisscrossing borders of barbed wire
under the piles of trash under the putting greens
a map of massacres
strangled voices silenced tongues
howling memories in the unending stream of violence
in the shadow of skyscrapers
silhouettes in undertakers’ clothes hurry like fevered cockroaches
bow down to giant ghosts
buying promises of intelligence with fake heart and soul
capitalist warlords have waged a war on Earth
proclaiming dominion over every single being and life form
industry captains, big shot politicians, billionaires discuss destruction
over champagne and caviar
forever chemicals nuclear spills in the name of progress
bulldozing sacred lands and people for deluxe rivieras
masters of Homo Economicus
whoever owns the space owns us
conquistadors’ era, new ice age
women eternal preys
missing and murdered sisters from the borderlands
children in cages
triggered fears
facing ugly memories of steel and greed
grief is wailing out loud
in all languages of the world
scattered to the Four Directions
how do we escape fire
rows of wasted desire
hungry crowds yearning for more of whatever we don’t need
outlawed images
make a history of lost wars
el sueňo dorado se hizó pesadilla
the golden dream has turned to nightmare
*
where are the seeds of hope
our humanity needs
*
I’ll keep on drumming to call on the spirit helpers
to the heartbeat of la Mamá Tierra
in the sacred circle with brothers and sisters
I’ll keep on singing the mourning songs for the lost ones
la voz de los sin voz – a voice for the voiceless
I’ll keep on singing the joyful songs
I’ll keep on carrying la chispa de los cuentos y de los sueňos
the burning embers of our stories and dreams
that nunca mueren – that never die
pa’ que regresen las luciérnagas !
until the fireflies return
****
- A LA CROISÉE DES AMÉRIQUES -
debout à la croisée des Amériques
sang versé crânes volés
Terre violée jonchée d’épaves et de gravats
déchets toxiques cimetière luisant de carrosseries
grès brun peaux brunes sang rouge devenu rouille
quadrillages de frontières barbelées
sous les piles d’ordures sous les prairies de golf
une carte des massacres
voix étranglées langues étouffées
mémoires hurlantes
dans le flot de violence sans fin
dans l’ombre des gratte-ciels
des silhouettes en habits de croque-morts se pressent comme des cafards enfiévrés
font des courbettes à des fantômes géants
croient à la promesse d’intelligences sans cœur ni âme
les chefs de guerre capitalistes ont déclaré la guerre à la Terre
proclamant leur empire sur tout être et toute forme de vie
capitaines d’industrie, politiciens haut gradés, milliardaires discutent de la destruction
autour de champagne et de caviar
polluants éternels marées noires nucléaires
au nom du progrès
rasant au bulldozer peuples et terres sacrées pour des rivieras de luxe
celui qui possède la terre nous possède
ère des conquistadors, nouvel âge de glace
femmes proies éternelles
sœurs disparues et assassinées aux frontières
enfants en cage
peurs réveillées face aux vieux traumas
avarice et acier
le chagrin hurle à haute voix
dans tous les langages du monde
éparpillé dans les 4 Directions
comment échapper au feu
rangées de désirs gâchés
foules affamées aspirant à toujours plus
de tout ce dont nous n’avons pas besoin
des images hors-la-loi
recréent une histoire des guerres perdues
el sueňo dorado se hizó pesadilla
le rêve d’or est devenu cauchemar
*
où sont les graines d’espoir
dont notre humanité a besoin
*
je continuerai à jouer du tambour pour appeler les esprits protecteurs
au battement de cœur de la Mama Tierra
dans le cercle sacré aux côtés de mes frères et sœurs
je continuerai à chanter les chants de deuil pour les âmes perdues
la voz de los sin voz – une voix pour les sans-voix
je continuerai à chanter les chants de joie
je continuerai à porter la chispa de los cuentos y de los sueňos
la braise des contes et des rêves
that nunca mueren – qui ne meurent jamais
pa’ que regresen las luciérnagas !
pour que les lucioles reviennent
*
María Díaz 2020 – 2026
illustrations extraites du Voleur de Saisons, María Díaz, 2004















































